On est partis une semaine en Ardèche l’été dernier, avec un bébé de dix-huit mois et une grande de sept ans. J’avais préparé des listes, réservé un hébergement, prévu des activités « adaptées à tous les âges ». Sur le papier, tout tenait debout. Sur place, rien ne s’est passé comme prévu, et c’est tant mieux.
Le coin se prête pourtant bien aux familles. On a posé nos valises dans un camping familial, et j’avais repéré cet article complet avant de partir pour comprendre comment fonctionnait l’accueil des enfants sur place. Ça m’a évité deux ou trois mauvaises surprises, notamment sur les horaires de la piscine et les animations du soir.
Ce qu’on a vraiment fait, sans vouloir tout faire
Les guides vous vendront la grotte, le pont, le musée, la descente en canoë. Avec un bébé, il faut trancher. On a abandonné le canoë dès le premier jour : la grande avait peur de l’eau sombre, et moi je ne me voyais pas gérer les deux enfants dans une embarcation. On a gardé la rivière, mais pour barboter sur les bords, à l’ombre.
Deux sorties par jour maximum. C’est la règle qu’on s’est donnée. Une le matin, une en fin d’après-midi.
Le reste du temps, on tournait autour du camping, des marchés et des aires de jeux. Moins glamour sur les photos, plus vivable dans les faits.
Les petits villages valent mieux que les grands sites
On a passé une matinée entière à Vallon-Pont-d’Arc et on est repartis fatigués, l’impression d’avoir fait la queue plus que visité quoi que ce soit. Le lendemain, on s’est arrêtés dans un village minuscule, sans rien de célèbre. Une place avec un platane, une fontaine, deux cafés. La grande a joué avec des gamins du cru pendant que je buvais un café. C’était notre meilleur moment de la semaine, et il ne figure dans aucun top dix.
Pour l’hébergement, j’ai appris à regarder autre chose que le prix : la distance réelle aux commerces, la présence d’un vrai coin jeux pour les petits, la possibilité de cuisiner. Avec un bébé, un emplacement ombragé change tout. On ne le lit jamais assez dans les descriptions.
Le matériel qu’on a emporté pour rien
J’ai trimballé un sac entier de jeux, de livres, de coloriages. On a utilisé un ballon et une paire de sandales. Le reste est resté au fond du coffre. À l’inverse, ce qui nous a manqué, ce sont des serviettes supplémentaires et un grand seau pour laver les affaires du bébé le soir.
- Un ou deux jeux qui se partagent, pas plus
- Deux serviettes par personne alors qu’on n’en avait pris qu’une
- Une glacière souple pour les goûters en balade
- Un sac étanche pour le maillot mouillé
- Des chaussures fermées qui supportent le caillou
Ma sœur, elle, ne jure que par la location d’une maison avec piscine et ne campe jamais. Je respecte. Mais je trouve qu’on perd quelque chose, dans un gîte, quand les enfants n’ont pas cette bande de copains qui se forme toute seule sur un terrain de camping.
Le rythme, le vrai sujet
La grande a coché trois sites sur sa liste de rêve. Le bébé, lui, a surtout dormi mal. La deuxième nuit a été catastrophique : coucher à 22 h, réveil à 23 h, encore un à 2 h. Le lendemain, tout le monde était à cran et on a annulé la sortie prévue. À partir de là, on a calé les dîners tôt et coupé les animations du soir, même quand ça nous coûtait à nous.
Un voyage avec des enfants de cet âge, c’est un voyage à moitié renoncé. On accepte de ne pas tout voir. On rentre avec des souvenirs de sieste sous un arbre, de grenadine sur une place, de pieds dans l’eau tiède.
Et puis un jour, on y retournera sans poussette. On fera le canoë, cette fois. On montera sur le pont, on paiera l’entrée du musée, et ce sera une autre histoire. Pour l’instant, je garde le goût des matins lents et des journées courtes. C’est déjà beaucoup.